• Vite, vite, la page du fichier de lecture...
    Vite, vite, la page du fichier de maths...
    Vite, vite, une fiche de phono...
    Vite, vite, une fiche de numération...
    Vite, vite, une fiche d'écriture...
    Vite, vite, une fiche pour l'aide mémoire de maths...
    Vite, vite, une fiche pour le cahier de lecture,
    vite, vite, un mandala, une grille de mots-mêlés, un coloriage magique pour l'autonomie...
    Les piles s'entassent, les ramettes se volatilisent...
    Venir à 7h30 à l'école pour espérer être la première devant la photocopieuse, rester tard le soir ou revenir le dimanche pour profiter de la photocopieuse en solitaire, hurler contre les bourrages papier, pleurer lors des pannes...

    STOP!

    trop de photocopies

    Et si on faisait sans fiche et sans photocopie?

    mais pas sans écrire! 

     

    si si, même en CP.

    Vous êtes vous posés la question de pourquoi on utilise la moitié de la forêt amazonienne en CP? 


    Bon, en général, cette question n'est en rien une réflexion sur sa pédagogie, on se pose cette question quand il n'y a plus de papier repro dès le mois de mars, ou quand le photocopieur est en panne ou, pire, quand la mairie installe un quota de copie très bas et ne donne pas le budget permettant l'achat de fichiers.


    On fait remplir et remplir des fiches, encore et encore. On court après les pages du fichiers car au prix que ça coûte on ne veut pas gaspiller et puis les parents râlent s'ils voient des pages non faites. Une IEN appelait cette folie de la fiche et de la photocopie du "Stakhanovisme scolaire", l'abondance de feuilles donnant l'impression de beaucoup faire travailler les élèves.

     

     


    Mais comment faisait-on avant ?

    Ben oui, la photocopieuse est une invention des années 1970, qui s'est démocratisée dans les écoles dans les années 90. Donc il y a un passé pas si lointain où on faisait sans copieurs, et les fichiers étaient encore rares. 
    Bon, certes, on avait les ronéotypes (duplicateur à alcool), avec leur couleur bleutée, et l'odeur si caractéristique d'alcool éthylique (punaise, que de souvenirs à snifer les feuilles encore humides que distribuait le maître ... tout un pan de mon enfance... ne faites pas ces yeux choqués, si vous étiez à l'école avant les années 90, vous l'avez fait aussi, hein...)

     

      

    Mais bon, faire une série de copie sur ronéo c'est quand même une autre paire de manches que de faire une photocopie : entre la préparation de l'original avec le papier carbone, la préparation de la machine, les vapeurs de solvant, tourner la manivelle... on est loin du «je pose le doc que je veux sur la vitre de la photocopieuse, je tape le nombre que j'en veux et j'appuie sur le bouton».

    Bref, il y a un avant la photocopieuse où on comptait chaque copie, et il y a des époques plus lointaines où les fichiers étaient rares, même en CP. 
    Mais comment faisaient-ils? 
    Ben tout simplement : ils les faisaient écrire. 

     

    Des photocopies pour qui? Pour Quoi?

    Il y a des copies obligatoires : documents officiels, mots aux parents... celles-là vous n'aurez pas le choix, il faut les faire. 

    Il y a les copies qu'on n'a pas le choix car pas de manuel (la lecture par exemple...)

    Il y a les copies d'exos, celles que l'on juge indispensables et celles pour l'autonomie, pour que les élèves nous laissent tranquille pendant qu'on est avec un groupe, pour quand ils ont fini...


    Et puis il y a celles que l'on fait sans réfléchir à pourquoi on les fait. Sérieusement pour qui est la leçon dans le cahier aide mémoire? Pour l'élève ou pour montrer aux parents/IEN que l'on travaille? Pareil en questionner  le monde : Pour qui est cette trace écrite? 



    Sans fiche mais pas sans écrit!

    Car oui, la mode est au sans fichier, mais souvent c'est soit pour les remplacer par des photocopies (du coup, c'est kif-kif au fichier) ou, si on regarde une méthode de maths sans fichier très à la mode, c'est quasiment sans passage à l'écrit. Ou comme le recherche cette enseignante sur les forums : «J'aimerais que les éleves de ma classe passent 95% du temps à manipuler en Français, Mathématiques, Histoire, Géographie, Science et 5% du temps à écrire en lien avec ce qu'ils ont manipulé»

    Pourtant écrire c'est important, cela aide à mémoriser, à fixer les apprentissages, c'est même dans les programmes.
    Donc si on veut faire sans fichier et sans photocopie il reste... le cahier, le bête cahier. 

    Si si, dès le début du CP.
    Si si, c'est possible.

    Exemple de cahier CP en octobre :

    cahier CP octobre


    En novembre: 

    cahier CP novembre 

    Adieu fiches, fichiers, photocopies....

     

    En décembre : 

    Adieu fiches, fichiers, photocopies....

     

     

    En février : 

    cahier CP février

     

    Bien évidement, Rome ne s'est pas faite en un jour, et au début on colle encore pas mal de bout de feuille et surtout je passe beaucoup de temps à préparer les cahiers : écrire la date, faire des points de repère pour que les élèves sachent où écrire, où coller, puis, peu à peu ils apprennent à préparer leur cahier eux-même. 

    J'ai un vidéoprojecteur alors je projette au tableau une page de cahier (avant je devais reproduire le lignage au tableau, c'était plus de boulot). Je leur montre où ils doivent écrire, je fais tout avec eux, point, soulignage, écriture des exos... Ils font un point, je vérifie. Ils écrivent un calcul, je vérifie... et après quelques mois, ils savent quasiment gérer seul!


    Apprendre à utiliser le cahier, à copier depuis le tableau fait autant parti du travail demandé que la notion travaillée. 

    Patience, longueur de temps, toussa toussa... 

     

    Le choix des exos

    Je prends mes exos dans les fichiers et je les copie au tableau. 
    Il est tout à fait possible de faire copier la frise numérique à compléter, ou des phrases où on doit ensuite dire si elles sont vraies ou fausses... Beaucoup de choses sont recopiables!



    Et dans les autres matières?

    Là, réfléchissez à pourquoi la fiche :  pour quoi? pour qui? 

    J'ai un cahier "fourre-tout" séparé en parties. C'est un cahier de travaux pratiques 96 pages.
    Les élèves dessinent, schématisent... sur la page blanche, la trace écrite est collée sur la page de droite, écrite sur petit format, car au final, ce n'est pas l'élève qui la lira mais un adulte, vu qu'elle sert de preuve qu'on a travaillé... On limite ainsi les copies.

    Quels cahiers? 

    J'utilise des cahiers seyes 17/22cm, 32 ou 48 pages.
    Je commence sur le seyes 3mm, puis on passe au seyes 2,5mm et en mars on commence à passer au seyes normal.

    J'ai plusieurs cahiers où les élèves travaillent : 

    - Un cahier d'écriture

    - Un cahier du jour

    - Un cahier pour le reste (96 pages travaux pratiques)

    - un cahier de chant/poésie (travaux pratiques)

    J'ai séparé cahier du jour et cahier d'écriture car cela me permet de préparer les modèles d'écritures dès que j'ai le temps sans me poser la question de prévoir ou pas de la place pour les exos. Cela évite aussi d'être gêné quand on écrit par des sur-épaisseurs quand on a collé des feuilles.
    Je travaille aussi sur cahier ayant maximum 48 pages en CP, car cela permet d'avoir régulièrement un cahier neuf et donc propre, de ne pas rester avec un cahier pas super glop, cela leur permet de s'améliorer je trouve. 
    Début Mars, mes CP terminaient leur 2e cahier d'écriture et attaquaient leur 5e cahier du jour.

    Ils ont aussi un cahier aide mémoire, qui est un cahier blanc 24*32 coupé en 2, où  d'un côté on colle des vignettes avec les gestes Borel-Maisonny et l'écriture du graphème, l'élève dessine l'image associé au graphème. De l'autre côté ils ont écrit les tables d'addition au fur et à mesure qu'on les a constituées...
    Ils ont aussi un cahier de texte et un cahier de liaison...

     

    Manipulation ou travail écrit? 

    Les deux mon capitaine!
    Mes élèves manipulent beaucoup mais écrivent beaucoup aussi, les deux vont de paire. Il est aussi inefficace de manipuler sans écrire que d'écrire sans avoir manipulé.
    Après, cela dépend des matières. Il y a des matières où on se passe facilement d'écrit...

    Et l'autonomie?

    Mes élèves ont un cahier de dessin/graphisme. Au début de l'année, je donne un thème par jour, et quand ils ont le temps (ou que je dois travailler avec un groupe) ils doivent dessiner dedans. 
    Il y a aussi dans ma classe pas mal d'activités libres : pâte à modeler, pastel, peinture, pochoirs et gabarits, bibliothèque, jeux de constructions, jeux maths, matériel Montessori, coin écoute... Parfois je donne des consignes, parfois c'est libre.

    Ben c'est largement suffisant. Ils ne vont pas passer leur journée dans leur chaise à remplir des fiches!

    Ils ont 6 ans! 


    (vi vi vi, ce n'est pas très bien rangé dans ma classe... no)


     

    Bilan

    Je fonctionne en low-fiche/copie depuis des années et je trouve le niveau meilleur et les apprentissages plus stables en travaillant sans fiche, directement sur cahier. Et puis avec l'entrainement, ils sont capables d'écrire beaucoup, rapidement (enfin, rapidement pour des CP, hein, c'est pas des CM! sarcastic ) et ils ne rechignent pas à la tâche, pour eux, c'est normal d'écrire dans le cahier.

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  • Donc cette année, je fais un retour en CP (enfin, en CP-CE1), et qui dit CP dit apprentissage de la lecture... 
    J'utilise une méthode de lecture synthétique (syllabique) : où on part du graphème et on on l'assemble au graphème déjà connu... Précisément j'utilise "Léo et Léa". C'est la 6e année que j'utilise cette méthode, mais je l'améliore un peu, pour la rendre plus dynamique. J'essaie d'être le plus multisensoriel possible, car plus le cerveau est stimulé par des canaux différents, mieux il retient.

    1- Canal Visuel et auditif

    C'est la base, hein, vu que lire c'est faire le lien entre symbole graphique et langage oral... 


    La méthode utilise un code couleur : voyelle en rouge, consonne en bleue, lettre muette en gris... 

    Pour travailler le lien symbole écrit et langage oral, mes élèves n'ont pas le droit de lire dans leur tête, ils doivent absolument s'écouter lire, et donc oraliser systématiquement leur lecture. Pour éviter le brouhaha d'avoir 14 CP à lire à haute voix en même temps les élèves utilisent des chuchoteurs. 

    phonic phone

    C'est un tube acoustique qui s'utilise comme un téléphone, on parle dedans et le son est conduit sans parasite jusqu'à l'oreille, donc on parle moins fort et on est moins dérangé par le bruit des autres.
    (Mon article sur le sujet : les phonics-phones/chuchoteurs)

     

    2- Canal haptique

    Les élèves tracent avec le doigt la lettre en l'associant au son sur divers support : sable, lettre rugueuse... Comme en pédagogie Montessori.

     

    3-Canal du mouvement

     J'utilise les gestes Borel Maisonny en classe et la "lecture avec les pieds/marelle de lecture" en APC. 

    Les gestes Borel Maisonny sont des gestes où l'on associe une geste des mains/bras/visage avec un son. 

    La lecture avec les pieds, c'est au lieu de lire au tableau ou sur une page posée sur la table, on écrit sur le sol et l'élève saute d'une lettre à l'autre, d'une syllabe à l'autre, d'un mot à l'autre en prononçant ce qui est écrit. 

     

    4-Canal olfactif/gustatif

    Je me suis inspirée du travail de MaîtresseEuh : Mémoire CAPA-SH Option E - Approche multisensorielle de la lecture

    Je parfume du papier avec des arômes alimentaires (les arômes pour cigarette électronique font parfaitement l'affaire, ce sont des arômes alimentaires + PEG), et à chaque nouveau graphème étudié, on découvre l'odeur de ce graphème, on tente de deviner ce que c'est, puis on découvre ce que c'est, on le goutte si on peut, on le dessine dans le carnet de lecture, on écrit plusieurs fois le graphème sur le papier parfumé...

    Il y a cependant une condition importante à respecter : vérifier les allergies dans la classe...

     

    Bilan

    Mes élèves ont bien accroché et sont lecteurs... Que demander de plus? 

     

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  • Suite à une fermeture de classe dans mon école j'ai du participer au mouvement... Je quitte la maternelle à la campagne pour un CP-CE1 en  ville.

    En route pour de nouvelles aventures!

    Bougeons avec l'Education Nationale...

     

     

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    1 commentaire
  • En quelques mois, j'ai eu la grippe, deux gastros, trois bronchites, quatre sinusites, cinq rhino-pharyngites, des poux, et un nombre incalculable de rhumes... J'ai le numéro du médecin en favori dans mon téléphone et la pharmacien hésite à m'offrir une carte de fidélité... 

    La maternelle, c'est un nid à microbes! Morve, éternuement, toux, bave, vomis, pipi, caca... on a droit à tout l'éventail des trucs cracras et hautement contagieux. (Ne faites pas vos vierges effarouchées, oui, la maternelle, c'est cracra!)

    J'ai donc décidé à prendre le taureau par les cornes et de sensibiliser mes élèves aux microbes et à l'hygiène de base!

    1- Les mains!

    A la question "Pourquoi faut-il se laver les mains?", mes élèves n'ont pas su répondre, ou tout juste un "car elles sont sales" bien solitaire dans un coin. 

    Etape 1 : faire voir les microbes.

    Pour faire voir les microbes qui sont sur les mains, il faut les cultiver un peu. Pour ça, rien ne vaut un morceau de pain de mie. 

    Le pain, c'est typiquement le truc qu'on mange avec les doigts, donc si on a les mains sales, on mange les saletés de nos mains. Pour faire voir ce que l'on mange si on mange avec les mains sales, on prend un tranche de pain de mie comme pour se faire une tartine et on demande aux élèves de frotter les mains (sales) sur la tartine, on met dans un sachet plastique et on met ça dans un coin chaud et sombre.

    Résultat en une semaine : 

    Microbes! Des bons microbes! Qui veut des microbes?

     

    Beeeeeuuuuuuuuuuuuuuuuuuuurrrrrrrkkkkkkk!!!!! (oui, c'est impressionnant quand même!)

    On fait la même chose avec les mains soigneusement lavées au savon. 

    Une semaine après : 

    Microbes! Des bons microbes! Qui veut des microbes?

     

    Quelques tâches de moisi, mais par rapport à l'autre, il y a quand même un monde.

    Et bien sûr on n'oublie pas la tartine témoin à laquelle personne n'a touché.

    Une semaine après : 

    Microbes! Des bons microbes! Qui veut des microbes? 

    La date de péremption n'est même pas passée, il est impeccable.

     

    Cette petite expérience est assez visuelle et impressionnante, elle a bien sensibilisé mes élèves sur la présence de microbes invisibles sur leurs mains. 

    Et puis, quand ils mettent n'importe quoi dans leur bouche ou ne veulent pas se laver les mains avant la cantine, suffit de leur rappeler la tartine moisie... c'est très efficace.

     

    Etape 2 : D'où viennent ces microbes?

     Là on va devoir les rendre visibles. On fait de faux microbes avec des paillettes très fines et du gel hydroalcoolique pour les mains. (Le gel hydroalcoolique a une texture qui s'étale bien, sèche vite et reste légèrement collante).

    On étale une bonne couche de gel+paillettes sur les mains :

    Microbes! Des bons microbes! Qui veut des microbes? 

    Puis on serre la main d'un élève, qui serre la main d'un autre... on touche divers objets (crayons, jouets, chaises.) que l'on passe entre enfants... En un rien de temps, à partir d'une seule personne aux mains sales, toute la classe est contaminée, mains, visages, vêtements... il y en a partout!!!

    Etape 3 : lavage!!!!

    Là, j'ai repris mon gel hydroalcoolique pailletés.  Quand il est sec, si on passe juste les mains sous l'eau, même en frottant un peu, il reste des paillettes! Il faut savonner sérieusement et bien rincer pour se débarrasser de ces décorations scintillantes. 

    J'ai pris les élèves par petit groupe, en les faisant passer un par un au robinet, pour surveiller/expliquer le savonnage, le rinçage et l'essuyage. (Je sous-estimais très fortement la proportion d'enfants ne sachant pas du tout se laver les mains.)

     

    2- Atchoum!

    Je ne sais pas vous, mais moi, mes élèves, ils "adorent" me tousser ou m'éternuer à la figure (surtout quand j'attache leur manteau! Grrrrr!!!) Bien peu on apprit ne serait-ce qu'à mettre leur main devant leur bouche.

    Pour sensibiliser aux soucis des postillons, il suffit de prendre une salière et de la fécule de maïs (Maïzéna).  On remplit la salière de fécule. 

    On annonce que le pot est rempli de faux microbes, on prend la salière que l'on place au niveau de sa bouche et on fait semblant d'éternuer ou de tousser. Quand on tousse ou éternue, on secoue d'un ou plusieurs coups secs la salière de fécule, ce qui envoie de magnifiques gerbes blanches sur tout ce qui se trouve devant... Il y a des points blancs sur le sol, les meubles, les vêtements... 

    "Vous venez d'attraper tous mes microbes!"

    Après, on fait voir ce qui se passe quand on tousse/éternue dans sa main = on a la main pleine de microbes et il faut vite se laver les mains sinon on va en mettre partout!

    Pour finir, on fait ça bien comme il faut dans son coude, là, les microbes on ne les donnera pas aux autres. 

    ------ ------ -----

    Ben vous savez quoi, en une semaine les élèves ont bien amélioré leur hygiène des mains et le taux de nez qui coulent a drastiquement diminué. 

    Relation de cause à effet? sarcastic

     

     

     

     

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  • Le mouvement est passé. 

    Au-revoir le CM2 !

    Je suis nommée en maternelle !

    Youpi!!!

     

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